En Sa Mémoire

Jardin mémoriel à Paris : le jardin du 13-Novembre, symboles et accès

Vue d’un jardin urbain soigné et arboré, avec allées géométriques et plantations mixtes; des personnes se promènent.

Cet article retrace l’histoire, la symbolique et la conception du jardin commémoratif de la place Saint-Gervais, à Paris, dédié aux victimes des attentats du 13 novembre 2015. Il montre comment créer un jardin mémoriel digne, vivant et ancré dans l’espace public.

Le jardin mémoriel du 13-Novembre à Paris

Au cœur de Paris, entre la façade arrière de l’Hôtel de Ville et l’église Saint-Gervais, un jardin commémoratif rend hommage aux victimes des attentats du 13 novembre 2015. Voté à l’unanimité par le Conseil de Paris le 12 novembre 2019, ce mémorial est conçu comme un lieu de vie ouvert à tous.

Un hommage ouvert à toutes les victimes

Le projet mémoriel a émergé au début de l’année 2016, à l’initiative de deux associations de victimes des attentats du 13 novembre 2015 : Life for Paris et 13Onze15 Fraternité et Vérité. Une première piste prévoyait un espace réservé aux personnes décédées, au cimetière du Père-Lachaise. Elle a finalement été abandonnée, car les adhérents souhaitaient un jardin mémoriel appropriable par toutes les victimes, décédées comme survivantes.

En pratique, comprendre comment créer un jardin mémoriel de cette envergure suppose une concertation étroite avec celles et ceux auxquels il est destiné. Les associations ont souhaité un espace où la nature occupe une place importante, afin d’évoquer le cycle de la vie plutôt que la seule douleur de la perte.

Une mémoire inscrite dans l’espace public

La place Saint-Gervais a été retenue pour sa neutralité et sa position centrale au cœur de Paris. Son inscription dans le périmètre du plan de sauvegarde et de mise en valeur du quartier Saint-Gervais exigeait une intégration attentive au patrimoine urbain environnant. L’agence Wagon Landscaping, dont les deux fondateurs sont d’anciens élèves de Gilles Clément à l’École nationale supérieure de paysage de Versailles, a conçu le projet ; Soja Architecture en a assuré l’accompagnement. Gilles Clément est également intervenu comme artiste invité et conseiller, sans prendre en charge la maîtrise d’œuvre.

À Lyon, le cimetière de la Guillotière montre une autre manière d’inscrire la mémoire dans un jardin : les familles y privilégient des compositions florales sobres, en camaïeu, durables et adaptées aux visites ponctuelles.

Les plantes et le paysage du jardin

L’aménagement paysager du jardin de la place Saint-Gervais repose sur un équilibre entre le minéral et le végétal, entre la sobriété du recueillement et la présence du vivant. Chaque choix botanique porte une dimension symbolique, sans rechercher l’effet spectaculaire.

L’orme au cœur de la composition

Un orme existant d’environ 30 mètres structure l’ensemble du jardin. Cette espèce est devenue rare en Europe de l’Ouest depuis que la graphiose l’a décimée au cours de la seconde moitié du XXe siècle. Le paysagiste Mathieu Gontier et son équipe ont conçu les allées et les massifs autour de cet arbre afin de préserver son système racinaire. Le choix des végétaux s’appuie aussi sur une harmonie chromatique florale : les teintes dialoguent avec l’écorce grise et le feuillage caduc de l’orme au fil des saisons.

Les plantes complètent cette composition par strates : arborée, arbustive et herbacée. Cette organisation soutient la biodiversité et contribue à limiter l’îlot de chaleur urbain sur la place. En complément, une préfiguration grandeur nature a été installée à l’École Du Breuil afin d’observer le comportement des végétaux pendant une année entière, avant leur plantation définitive sur le site.

Une végétation sobre favorable au vivant

Le parti pris esthétique du jardin écarte toute mise en scène dramatique. La végétation basse conserve un espace ouvert, traversant et accueillant. Des plantes vivaces sans entretien intensif, comme les roses de Noël, les cyclamens et les anémones, maintiennent un intérêt visuel au fil de l’année, tandis que les fruits colorés du cornouiller prolongent cette présence en automne.

Pour s’inspirer de cet exemple dans un cadre plus intime, le guide consacré à fleurir une tombe toute l’année propose des conseils selon les saisons. Il aborde le choix des plantes résistantes, la composition des jardinières et la possibilité de confier ces soins à un service professionnel.

Des couleurs pensées pour le recueillement

La symbolique des couleurs contribue directement à l’atmosphère d’un jardin consacré à la mémoire. Sur la place Saint-Gervais, les teintes neutres, blanc, gris, beige et pastels, structurent la composition sans concurrencer les nuances plus vives. Cette harmonie chromatique florale repose sur des couleurs analogues ou disposées en camaïeu, pour préserver une continuité apaisante.

Dans d’autres contextes de fleurissement, la ressource consacrée à l’harmonie des couleurs de fleurs au jardin explique comment associer les couleurs complémentaires et les teintes voisines aux massifs, aux bouquets et aux jardinières de sépulture.

Les symboles minéraux du jardin à Paris

Le jardin de la place Saint-Gervais intègre six blocs de granit qui portent les noms des victimes, sans hiérarchie entre les lieux touchés ni entre les personnes disparues.

Six stèles pour les lieux touchés

Chaque bloc représente l’un des six secteurs frappés lors des attentats du 13 novembre : le Stade de France, Le Carillon et Le Petit Cambodge, La Bonne Bière et Le Casa Nostra, La Belle Équipe, Le Comptoir Voltaire et le Bataclan. Dans ce jardin mémoriel, les tracés des rues de ces lieux sont réunis sur un même site. Les stèles ne dépassent pas 1,5 mètre de hauteur : cette échelle volontairement accessible évite tout caractère monumental.

Le granit breton, entre force et recueillement

Le granit bleu de Lanhélin, extrait près du Hinglé en Bretagne, a été retenu pour sa couleur singulière et sa grande robustesse. La pierre a été choisie en concertation avec les associations Life for Paris et 13Onze15, lors d’une visite au dépôt de matériaux de la Mairie de Paris à Bonneuil-sur-Marne. Cette concertation a permis d’associer les proches des victimes au choix des matériaux.

Des cavités creusées au sommet des rochers recueillent l’eau de pluie et servent d’abreuvoir aux oiseaux. Cette attention à la biodiversité est conforme à la démarche de durabilité du site.

Le choix du granit comme ces cavités naturelles montrent une attention portée à la pérennité du lieu. Le jardin reste un espace de recueillement sobre, sans rupture avec la vie alentour.

Foire aux questions

Où se trouve le jardin mémoriel dédié aux victimes des attentats du 13 novembre 2015 à Paris ?

Le jardin se trouve place Saint-Gervais, dans le 4e arrondissement de Paris, entre la façade arrière de l’Hôtel de Ville et l’église Saint-Gervais. Cet espace public, facilement accessible aux victimes, aux familles, aux Parisiens et aux visiteurs, s’inscrit dans la vie quotidienne de la ville, au-delà des seules dates de commémoration.

Qui a conçu le jardin commémoratif de la place Saint-Gervais et selon quels principes ?

Le projet a été conçu par l’agence Wagon Landscaping, avec le paysagiste Mathieu Gontier et son associé, anciens élèves de Gilles Clément à l’École nationale supérieure de paysage de Versailles. Soja Architecture l’a accompagné, tandis que Gilles Clément y a participé comme artiste invité et conseiller.

Le jardin repose sur une végétation basse, sans effet dramatique, et sur une biodiversité favorisée par des plantes disposées en plusieurs strates. Son intégration au patrimoine de la place Saint-Gervais a fait l’objet d’une attention particulière. La concertation avec les associations de victimes a guidé le choix des plantes comme celui du granit breton.

Comment s’inspirer de ce jardin pour fleurir une sépulture ou créer un espace de souvenir plus intime ?

Le jardin de la place Saint-Gervais offre des repères simples pour aménager une sépulture ou créer un espace de recueillement plus intime. Le soin commence par le choix de plantes vivaces adaptées à la saison et au climat local : cyclamens, roses de Noël, anémones et hellébores fleurissent durablement avec peu d’entretien. Une palette sobre, en camaïeu ou dans des teintes neutres, installe une atmosphère apaisée, propice au souvenir.

En sa mémoire intervient dans plus de 36 000 cimetières de France métropolitaine, de Paris à Bordeaux, de Lille à Marseille. Ses équipes salariées assurent les interventions sans sous-traitance et utilisent des plantes de saison dans une démarche RSE assumée, avec une garantie de 100 % de satisfaction pour accompagner les familles dans la durée.

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