Toussaint : quelles plantes autres que le chrysanthème ?
Pour fleurir une tombe à la Toussaint, il existe d’autres plantes que le chrysanthème : bruyères, pensées, cyclamens, rosiers compacts ou joubarbes. Le choix dépend du froid, de l’exposition, du contenant et du rythme des visites.
Quelles plantes choisir plutôt que le chrysanthème à la Toussaint ?
Le 1er novembre, fleurir une sépulture rend hommage aux défunts. Rien n’impose pour autant le chrysanthème. Une potée d’autres fleurs de saison convient tout autant, de même qu’un bouquet déposé lors d’une visite. Chaque option répond à un usage différent, entre présence durable et geste ponctuel.

Fleurs de saison ou bouquet ponctuel
Après le chrysanthème, les pensées, les bruyères et les cyclamens figuraient en 2023 parmi les principales fleurs pour la Toussaint achetées en France, selon VALHOR. Ces achats couvrent l’ensemble des végétaux de la période, et pas seulement ceux posés sur les tombes.
Plutôt qu’un chrysanthème, un bouquet de roses ou d’œillets accompagne bien une visite ponctuelle. En revanche, sa tenue dépend de l’eau disponible et des intempéries. Sur une concession exposée, une plante en pot peut donc rester décorative plusieurs semaines.
Bruyères, pensées et cyclamens d’automne
Les variétés de bruyère de type callune fleurissent surtout de la fin de l’été à l’automne. Les bruyères d’hiver prennent ensuite le relais jusqu’au début du printemps. De leur côté, les pensées offrent des couleurs variées : selon la Société nationale d’horticulture de France, leur floraison peut reprendre jusqu’à fin avril ou début mai, après une pause par grand froid.
Les cyclamens d’automne déclinent des teintes du blanc au rouge. Le cyclamen de fleuriste craint toutefois le gel. Des espèces plus résistantes, comme le cyclamen à feuilles de lierre ou le cyclamen de Cos, supportent mieux un extérieur froid.
Roses et plantes décoratives en hiver
Un rosier compact fleurit surtout du printemps à l’automne, selon sa variété et le climat. Ses roses ne sont donc pas garanties à la Toussaint. Les hellébores, des plantes vivaces, fleurissent plutôt en hiver ou en fin d’hiver. Quant aux joubarbes, leur feuillage reste décoratif toute l’année, alors que beaucoup de petits sédums fleurissent en été.
Quel végétal convient à chaque tombe ?
Une plante adaptée à son emplacement tient mieux tout l’hiver. Trois critères guident le choix : la résistance au froid, l’exposition associée à la fréquence des visites, puis le contenant. Ensemble, ces critères déterminent la durée pendant laquelle une composition restera soignée.

Résistance au froid et durée décorative
Sur une sépulture soumise à des gelées répétées, une bruyère d’hiver rustique convient mieux qu’un cyclamen de fleuriste. Certaines variétés supportent environ −23,5 °C, un seuil qui ne vaut pas pour toutes. Les pensées d’automne-hiver tolèrent généralement les premières gelées. Leur rusticité avoisine −15 °C, selon le cultivar, le vent et l’humidité du pot.
Par ailleurs, une plante résistante au froid peut passer l’hiver sans fleurir en continu. Pour des visites espacées, un feuillage persistant peut ainsi mieux convenir qu’une potée très fleurie à l’achat.
| Plante | Résistance au froid | Intérêt décoratif |
| Bruyère d’hiver | Environ −23,5 °C pour certaines variétés | Floraison jusqu’au début du printemps |
| Pensée d’automne-hiver | Environ −15 °C selon le cultivar | Floraison reprenant jusqu’à fin avril ou début mai |
| Cyclamen des fleuristes | Sensible au gel | Fleurs du blanc au rouge en automne |
| Joubarbe | Rustique | Feuillage décoratif toute l’année |
Exposition et fréquence des visites
À légère ombre, les cyclamens et les hellébores peuvent convenir. Une tombe située sous un arbre peut cependant recevoir peu de pluie malgré l’ombre. Au soleil, avec un entretien régulier, un rosier compact répond à un projet pérenne. En plein soleil et avec peu de visites, les joubarbes et certains petits orpins demandent moins d’arrosage une fois installés.
Dans un climat méridional encore chaud en automne, une ombre légère protège les pensées. Un petit lierre persistant convient également, à condition de maîtriser son développement.
Contenant, drainage et proportions
Le soleil réfléchi par la pierre et le vent accélèrent le dessèchement. De plus, les racines d’une plante rustique supportent moins bien le froid dans un petit pot posé sur une dalle qu’en pleine terre. Un contenant stable et percé évacue l’eau. À l’inverse, un pot sans drainage favorise la pourriture des racines par temps froid et humide.
La place disponible sur le monument fixe la taille de la composition. Associer une ou deux plantes aux besoins similaires facilite ensuite son suivi, par rapport à une jardinière très diversifiée.
Quelles règles respecter dans les cimetières parisiens ?
Chaque cimetière encadre les plantations par un règlement. L’agglomération parisienne en offre un exemple précis, utile avant d’installer une composition pour la Toussaint.
L’exemple des cimetières de Paris
La Ville de Paris gère 20 cimetières. Selon elle, plus de 200 000 visiteurs y sont habituellement attendus autour du 1er novembre. Parmi les sites concernés figurent :
- Le Père-Lachaise
- Montparnasse et Montmartre
- Pantin et Thiais
Dans ces cimetières, les plantations particulières restent dans les limites de la concession. Leur hauteur ne dépasse pas 2 mètres.
Respect du monument et des sépultures voisines
Les aménagements autour d’une pierre tombale respectent les tombes voisines et la tranquillité de ce lieu de recueillement. Dans certains cimetières parisiens, des prescriptions patrimoniales s’y ajoutent.
Le règlement général des cimetières parisiens impose aussi de retirer les fleurs fanées et les plantes sauvages. La Ville de Paris précise que les plantations ornementales s’entretiennent régulièrement, sans produit phytosanitaire.
Vérifications propres à chaque secteur
Dans l’espace funéraire écologique d’Ivry-sur-Seine, seules de petites fleurs de saison sont tolérées, selon la Ville de Paris. Les grandes plantes, les arbres, les rosiers et les vivaces n’y sont pas acceptés. Plus largement, les règles sur les pots, les jardinières et la plantation en terre varient selon le site et le secteur : vérifiez-les avant toute installation.
Les documents officiels consultés ne font pas du fleurissement une prestation payante obligatoire à chaque Toussaint. Le titulaire d’une concession veille néanmoins à son entretien général et au respect du règlement.
Comment entretenir et budgéter le fleurissement ensuite ?
Une fois posées, les plantes demandent un suivi pour rester belles après la Toussaint. Ce suivi peut être assuré par les proches lors de leurs visites ou confié à un intervenant, en passage unique ou à intervalles réguliers.

Arrosage et soins après la pose
Après la pose, arrosez puis contrôlez l’humidité de la motte. Même par temps froid, un substrat sec peut demander de l’eau, sans jamais laisser d’eau stagnante.
En contenant, les pensées réclament une attention particulière pour prolonger leur floraison :
- Terre : vérifier qu’elle ne se dessèche pas.
- Fleurs fanées : les retirer au fur et à mesure.
- Arrosage hivernal : l’espacer lorsque le substrat reste humide.
Enfin, retirer les parties abîmées garde la pierre tombale soignée. Une plante vivace installée dans une petite jardinière n’échappe pas non plus à ces soins.
Intervention ponctuelle ou fleurissement suivi
Chez En sa mémoire, une intervention ponctuelle avec plantes naturelles associe le nettoyage de la sépulture et de ses ornements à la pose de plantes de saison, notamment avant la Toussaint.
Pour un suivi dans la durée, En sa mémoire propose des formules d’entretien et de fleurissement dont la fréquence de passage est choisie par la famille. Les compositions suivent alors la saison.
À chaque passage, nos équipes installent cinq pieds de plantes fraîches de saison et renouvellent la décoration florale. Les plantes sont posées dans une coupe ou plantées dans la jardinière, selon le choix de la famille. Le nettoyage et le choix des plantes rythment ainsi le fleurissement de sépulture selon les saisons.
Quel budget prévoir ?
Le coût d’un fleurissement dépend du nombre et de la taille des plantes, du contenant et du substrat. La fréquence de renouvellement pèse aussi sur la dépense. Selon l’étude Kantar pour FranceAgriMer et VALHOR, 3,8 millions de foyers ont acheté des végétaux pour la Toussaint en 2023. Leur dépense moyenne atteignait 33 € par foyer acheteur.
Le total s’élevait à 124,89 M€, des montants qui ne correspondent pas au coût moyen du fleurissement d’une tombe. La même étude indique que 95 % de ces achats ont été effectués en magasin en 2023.
Foire aux questions
Quelle plante dure le plus longtemps sur une tombe ?
En pot, une plante peut rester décorative plusieurs semaines, alors que des fleurs coupées dépendent davantage des intempéries et de l’eau disponible. Lorsque les visites sont espacées, une plante persistante ou peu exigeante peut mieux convenir qu’une composition très fleurie. Sa tenue varie avec le climat, le vent, l’ensoleillement, le drainage et l’arrosage possible.
Peut-on fleurir une tombe avec un kalanchoé à la Toussaint ?
Un kalanchoé en pot est sensible au froid. Sur une tombe extérieure exposée aux gelées, il constitue donc un choix risqué.
Comment entretenir une bruyère sur une tombe ?
Arrosez-la régulièrement à l’installation, puis plus modérément selon la météo, sans laisser la motte se dessécher durablement. Retirez les fleurs fanées et pratiquez une taille légère après la floraison si nécessaire. La callune apprécie un substrat acide et bien drainé, tandis que certaines bruyères d’hiver tolèrent mieux un sol légèrement calcaire.

